ORIGINES ET HISTOIRE DE LA CRECHE

 

Les sources historiques proviennent des évangiles de Luc et Matthieu qui racontent l’histoire de Jésus, l’annonce aux bergers, les Rois Mages et leurs présents.

Puis Origène ajoute l’âne et le bœuf.

En ce qui concerne les Rois Mages, San Leone Magno, au Vè siècle, en compte trois  (chacun appartenant à une des trois races humaines

-         la sémite …….. le roi jeune

-     la japhétique … le roi mûr                                                                                          -         la chamitique…. Le roi maure

Ainsi l’Univers entier participe à l’événement.

Les 3 rois, d’âges différents, représentent les âges des hommes et les trois dons :

-         la royauté……… l’or

-         la divinité……… l’encens

-         l’humanité…….. la myrrhe                                                  

Ils sont les témoins de l’Enfant Divin.

Dans les représentations du IIIè siècle au XIIIè siècle, la Nativité sur bas-reliefs représente la Vierge allongée à côté de l’Enfant.

Après les études de saint Thomas et de saint Bonaventure au XIIIè siècle, il est impossible de représenter l’accouchement de la Vierge comme celui des communs mortels ; dès lors, Joseph et Marie sont représentés  à genoux, adorant leur enfant et des personnages tels qu’Eve, la nourrice et la sage-femme disparaissent.

Au cours des siècles, le mot crèche (du latin praesepe-praesepis ou praesepium – praesepii = mangeoire puis étable, grotte) est attribué aux représentations plastiques, soit à la seule scène de la Nativité, soit à cette dernière accompagnée de l’Adoration des Bergers, des Mages ou de l’Annonce aux Bergers.

 

On peut presque parler de pré-crèche ,en se référant au toit soutenu par des troncs d’arbres, créée par le Pape Liberio au IVè siècle dans la Basilique Sainte Marie Majeure. La messe de minuit était célébrée sur l’autel devant lequel avait été érigée cette sorte d’étable.

 

Au VIIIè siècle, le Pape Grégoire II y plaça une statue en or de la Vierge à l’Enfant. Des toits furent ainsi édifiés dans de nombreuses églises.

La tradition veut que saint François ait « inventé » la crèche dans la nuit de Noël. En réalité, il n’existe aucune date précise.

La première crèche avec personnages remonte à 1283 et fut commandée par le Pape Onofrio IV. Il n’en reste que 5 statues.

A Naples, les Franciscains protégés par les Anjou créent des couvents et diffusent les crèches.

La seconde crèche fut donnée par la Reine Sancia en 1340 pour l’église des Clarisses. De cette réalisation dont les personnages étaient en bois peint, il ne reste que la Madone gisante exposée au musée San Martino de Naples.

 

 

Durant la première moitié du 16è siècle, les crèches sont presque toutes créées pour les églises.

Pietro et Giovanni Alemanno ainsi que leurs collaborateurs réalisent en 1478 une crèche splendide pour l’église San Giovanni Carbonara : 41 statues polychromes de grandeur réelle situées dans un contexte presque théâtral. Il n’en reste actuellement que 12.

  • De la période Renaissance, il nous reste la crèche de Sant’Anna dei Lombardi du sculpteur Antonio Rossellino (1475). Sur ce haut relief en marbre se détachent les figures, elles aussi sculptées dans le marbre. La Madone, saint Joseph et les animaux ont des attitudes naturelles.

 

Dans la première moitié du XVIè siècle, Giovanni Marigliano, dit « Giovanni da Nola » crée l’école de sculpture. Il sculpte dans le bois de grandes sculptures polychromes. Dans l’église Santa Maria del Parto, à Mergellina (Naples) il est possible d’admirer cinq de ces statues.

On remarque une légère évolution avec la timide apparition de chiens, chèvres et moutons.

 

A la fin de ce XVIè siècle, le climat est à la Contre Réforme. les Franciscains, Jésuites, Téatins et "Scolopi"  (frères des écoles chrétiennes) diffusent les crèches dans le but d'augmenter la foi. Les monastères féminins rivalisent pour posséder la plus belle crèche : les statues sont en bois, les yeux en verre, un peu plus petits qu’à l’accoutumée.

C’est ainsi que naît la crèche Baroque, dite mobile, car démontée et refaite chaque année. Les statues sont encore plus petites, portent des perruques (les figures féminines sont chauves pour pouvoir mettre des perruques différentes selon le rôle qu’elles tiennent), les yeux sont en verre, les habits et parties nues sont polychromes.

La scène de la crèche tient maintenant compte de la prospective, de l’illumination (utilisation de lampes, de miroirs). La présence de tissus par endroits présente la crèche comme une scène de théâtre. C’est alors que viennent s’ajouter des idées laïques qui n’ont rien à voir avec l’événement principal : le marché, la fontaine, la taverne.

 

Les caractéristiques du baroque sont là : sens du mouvement, du spectaculaire, tendance au naturalisme.

Dans le musée de l’église San Lorenzo Maggiore est gardée la seule crèche complète avec mannequins parvenue à nos jours même si tous les personnages ont été remaniés.

 

La crèche baroque napolitaine a permis de développer les crèches ligures, des Pouilles et siciliennes utilisant différents matériaux : la terre cuite, le papier mâché, le corail, l’or. Pour la crèche des religieuses de Santa Chiara, en 1684, les santons ont des tailles différentes et sont situés sur plusieurs niveaux afin de donner une idée de profondeur.

 

Vu qu’à la fin du XVIIè siècle la demande était si importante, Michele Perrone, un artiste napolitain, réalisa le mannequin bien plus petit dont le corps est en fil de fer assez fin, recouvert d'étoupe, ne sculptant ainsi que la tête et les membres. Cela apportait en plus la mobilité et permettait de donner des attitudes plus réelles aux personnages et ainsi cela lançait la crèche rococo.

La crèche rococo, c’était plus encore de théâtralité…. : la représentation de Naples, ses places, son marché, ses concerts, ses tavernes.

 

Le XVIIIè siècle fut le siècle d’or de l’art de la crèche. Naples était redevenue la capitale d’un règne. La crèche s’est complètement laïcisée, enrichie de personnages et d’éléments n’ayant rien à voir avec la scène sacrée.

Le groupe du Mystère est installé dans une grotte enrichie par les ruines d’un temple païen dont tous les personnages sont habillés avec les costumes des provinces du Règne. La crèche, c’est le miroir de la vie quotidienne qui présente la misère du petit peuple et le faste de la noblesse. Souvent le sacré et le profane ainsi que les différentes époques sont mélangées.

 

Aux anges qui annoncent aux humbles la naissance du Seigneur s’oppose l’or, la grandeur des vêtements des Mages, de leur suite et de la noblesse.

L’art de la crèche fait vivre les maîtres des boutiques ainsi que de nombreux corps d’artisans : soyeux, couturiers, menuisiers, ciseleurs, argentiers, etc.….

Avec la montée progressive de la bourgeoisie naît le santon en terre cuite, accessible à tous. La crèche présente une vie pleine d’intérêts et de métiers.

 

Maintenant, les crèches peuvent être faites de mille façons : dans une vieille TV, sous cloche, dans une coquille de noix, en corail, peintes sur la porcelaine, dans une coquille St Jacques ou dans ....... une montre!!!!

 

 

LEXIQUE DE LA CRECHE

 

Diorama : C’est un ensemble de figures peintes qui, avec des jeux de lumières, donnent l’illusion d’un panorama naturel.

La scénographie, les vêtements, l’expression des visages sont fidèles à la vérité historique.

 

Minuterie : C’est l’ensemble des objets de la crèche : nourriture, gourmandises du bistrot, objets du cortège des Rois Mages (paniers, légumes et fruits, cadeaux apportés à Jésus, ornements des vêtements, outils, …)

 

Moschelle : Ce sont les bergers plus petits que la moyenne. Ils vont jusqu’à 4 centimètres. Ils permettaient de peupler la scénographie du fond.

Il existait aussi des personnages hauts de 25 à 40 cm.

Avant, la crèche pouvait se développer sur plusieurs pièces, maintenant elle est réduite à une « vitrine ».

 

Bistrot : Cela rappelle le patron du bistrot qui refusa de loger la Vierge et saint Joseph. Il fut intégré seulement dans le baroque tardif grâce à son réalisme et au fait que la crèche devenait laïque et courtoise.

 

Bergers : Tous les santons sont appelés ainsi.